Japon : la triple catastrophe
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Les causes
Séisme : Le 11 mars dernier, à 14h46 (6h46, heure de Paris), au large des côtes nord-est du Japon, près de la région de Tohoku, un séisme de magnitude 8,9 sur l’échelle de Richter s’est produit. Les secousses ont été ressenties jusqu’à Pékin et Tokyo. Le tremblement de terre initial a été suivi de très nombreuses répliques, certaines de fortes magnitudes. Il s’est produit à 24,4 km de profondeur dans la mer et à 130 km des côtes du Japon. Selon les sismologues, ce séisme est le plus violent enregistré dans ce pays depuis 140 ans.
Tsunami : Le tremblement de terre a été suivi d’un tsunami géant. La vague de 14 mètres de haut a tout dévasté sur son passage, submergeant et détruisant des villes entières, tuant des milliers de personnes. L'Autorité d'information géospatiale du Japon a annoncé qu’au moins 400 km2 auraient été inondés. Une alerte internationale au tsunami a été lancée à titre préventif pour les pays bordés par l’Océan Pacifique. Certaines régions ont été évacuées, mais les vagues, quoi que de tailles importantes, n’ont pas occasionné de dégâts.
Radiation : La vague gigantesque s’est abattue sur la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi qui exploite six réacteurs. La coupure de l’alimentation électrique a entrainé une cessation du fonctionnement des systèmes de refroidissement. Le gouvernement nippon a informé l' AIEA (Agence Internationale pour l'Energie Atomique) d’une explosion près de l’un des réacteurs et de l’observation de fuites radioactives. Trois autres réacteurs ont fait l’objet des mêmes remarques les jours suivants. Des mesures ont été prises afin d’évacuer les populations dans un rayon de 10 km d’abord, puis de 20 km, et des comprimés d’iodes ont été distribués aux habitants des zones situées autour de la centrale. De la vapeur radioactive a été relâchée pour tenter de diminuer la pression dans les réacteurs. Des tonnes d’eau de mer ont été injectées, puis déversées sur ceux-ci de différentes façon afin de les refroidir et d’éviter une fusion complète du noyau nucléaire. Les autorités japonaises ont, par la suite, annoncé qu’une fusion partielle du noyau s’était produite dans les quatre réacteurs. Le combustible nucléaire a percé les cuves sous pression pour s’agglomérer dans les enceintes de confinements. Le gouvernement a par la suite fait savoir que celles-ci, supposées étanches, avaient été percées et que le combustible s’était retrouvé directement en contact avec le sol. Les rejets radioactifs dus à cet enchaînement sont très importants. L’estimation de 370 000 terabecquerels(1), au départ, a été récemment revue à la hausse : 770 000 terabecquerels. Par comparaison, en 1986 Tchernobyl avait produit 5,2 millions terabecquerels. Cet accident nucléaire, évalué comme étant de niveau 6, est le plus grave depuis cette catastrophe, jugée de niveau 7 sur l'échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (Ines). De même, des doses de radiation de 30 à 400 millisieverts(2) ont été relevées autour de la centrale. À partir de 100 millisieverts, les personnes exposées sont, selon les médecins, plus susceptibles de développer des cancers.
L’ONU ainsi que la communauté internationale se sont très rapidement mobilisées et les premières équipes de secours étrangères sont arrivées au Japon dès le lendemain du tsunami. Vingt-sept pays de l’Union Européenne, dont la France, se sont portés au secours du Japon dès les premiers jours. L’opérateur de la centrale, Tepco (Tokyo Electric Power), a fait appel à des spécialistes étrangers (Américains, Français, experts de l’AIEA) pour contenir la fusion des noyaux et pour le traitement des déchets radioactifs.
Les conséquences
(1) Terabecquerels : L'activité d'une substance est définie comme le nombre de désintégrations radioactives par seconde au sein d'une certaine quantité de matière. Le becquerel est l'unité de mesure du système international pour l'activité radioactive et correspond à une désintégration d’atome par seconde.
(2) Millisieverts : Le sievert est une unité de mesure définie par le système international pour l'équivalent de dose d’une radiation ionisante. Elle vise à évaluer quantitativement l'impact biologique d'une exposition à des rayonnements ionisants.
(3) PIB : Le produit intérieur brut est un indicateur économique utilisé pour mesurer les richesses créées dans un pays. Il est défini comme la valeur totale de la production interne de biens et services au cours d'une année par les populations résidant à l’intérieur du territoire national.
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